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Sécurité et bien-être à l’école : L’exemple de la médiation entre élèves à Saint-Léon IX – Nancy

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Élèves médiateurs à Saint Léon IX : une expérience concluante

L’ensemble scolaire nancéien Saint Léon IX déploie depuis 2014 une initiative visant à faire résoudre les conflits de camaraderie par des élèves volontaires, formés à cet effet. Désormais inscrite au règlement intérieur, la médiation est largement plébiscitée.

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Élèves médiateurs à Saint Léon IX : une expérience concluante

L’ensemble scolaire nancéien Saint Léon IX déploie depuis 2014 une initiative visant à faire résoudre les conflits de camaraderie par des élèves volontaires, formés à cet effet. Désormais inscrite au règlement intérieur, la médiation est largement plébiscitée.

Apprendre à développer ses compétences psychosociales, à faire la distinction entre les faits et leur interprétation… La présence d’élèves médiateurs au sein de l’ensemble scolaire Saint Léon IX, à Nancy, est une réalité depuis six ans. Et l’initiative fait même partie du règlement intérieur depuis 2019. « Tout a commencé à la rentrée 2014, quand la mère de deux élèves du secondaire, qui suivait une formation professionnelle pour devenir médiatrice, a mené dans l’établissement son étude de terrain, dans le cadre de son cursus », raconte Alice Barthélémy, cadre éducatif.

Le projet de former des élèves médiateurs, tous volontaires, a été présenté d’abord aux cinq classes de 4e. Le principe ? Désamorcer et gérer les conflits, inhérents à la vie à l’école, qui constitue une microsociété. Comme le précise Alice Barthélémy, « trois ans durant, cette mère d’élève a animé annuellement dix à douze séances de formation pour quinze enfants au maximum : les 4e en 2015, les 6e en 2016 et les 4e en 2017. Puis j’ai pris le relais pour les 6e en 2018 et les 4e en 2019. Ce sera le tour des 5e dès janvier 2021 ». Chaque « promotion » se voit remettre un diplôme lors d’une cérémonie officielle.

Des médiateurs neutres

Comment cela fonctionne-t-il ? En cas de conflit, Alice Barthélémy va voir les élèves concernés et leur propose une médiation pour régler la situation. Celle-ci se déroule entre élèves pendant la pause méridienne, dans une salle dédiée, près du bureau des surveillants. Ainsi, si nécessaire, un adulte référent peut être appelé en renfort. Cependant, aucun adulte n’assiste à la médiation, d’une durée de 50 minutes maximum. La sanction n’est pas exclue, mais la médiation évite qu’elle soit réitérée.

Détail important, il faut s’assurer de la neutralité des médiateurs, choisis selon leur emploi du temps et leur absence de lien avec les médiés. « La médiation n’a jamais lieu le jour même du conflit, car rien de constructif ne sort sous l’effet de la colère. Attendre 24 à 48 heures permet de faire retomber l’émotion, explique Alice Barthélémy. Une fois la médiation terminée, les médiés signent un document d’engagement qui reste confidentiel, mais permet d’assurer la traçabilité et de prévenir toute récidive. »

Un processus gagnant-gagnant

Les médiateurs peuvent le rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent. Un trombinoscope, placé à des endroits stratégiques (entrée de l’établissement, étages des trois bâtiments, accueil, secrétariat, CDI, bureau des surveillants et cantine), permet de les identifier facilement. Aujourd’hui, on compte cinq médiateurs au lycée et quatorze aux collèges. Douze élèves de 3e terminent en ce moment leur formation, démarrée en 2019, mais interrompue lors du confinement.

« Certains médiateurs disent avoir appris beaucoup sur eux-mêmes grâce à cette expérience, à apprivoiser et à accueillir leurs émotions, se réjouit Alice Barthélémy. Ils en sortent grandis. On utilise les principes de la communication non violente (CNV) : chacun a sa part de responsabilité et tous doivent sortir de cette médiation gagnant-gagnant. On fait un gros travail sur l’expression des sentiments. Il s’agit de comprendre l’autre dans sa façon de penser et d’agir, sans pour autant l’approuver. On tend ainsi vers une âme collective, c’est notre force ! »

Des surveillants de carrière

Au sein de l’enseignement catholique, les surveillants peuvent en faire leur métier pour la vie. Un choix impossible dans le public, où on leur propose des CDD de six ans. À Saint Léon IX, qui compte 375 élèves dans le primaire et 840 dans le secondaire, dix surveillants, dont trois à temps plein, gèrent l’encadrement hors temps de classe. Ils sont notamment présents lors du passage à la cantine et à l’infirmerie, assurent la permanence et chapeautent l’étude accompagnée.

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